Si marcher seul…

Posted by Mahina on 14/10/2012
« Si marcher seul induit que chaque pas accompli ressemble à un mot qu’on prononce…. » *

Que de poèmes, que de livres pourrais-je écrire?…….

 

Des poèmes? des livres? oh,  non!!! et pourtant…les mots dansent et volent, rient, sourient ou pleurent dès que le pas suit sa route après le précédent ou parle à celui qui va suivre…

 

Mes pas parlent à mon âme, les mots éclatent de vie dans la marche ou souvent la nuit, dans des promenades en songe, et si souvent… trop souvent…ils aiment à se faire oublier, ils partent en milliers de lucioles qui s’éteignent dès que les pas s’arrêtent.

 

Les pas alertes donnent une chanson vive et gaie; les pas qui depuis quelques temps s’aident d’un 3ème ou 4ème pied, ralentissent. Les mots se font plus lents, plus réfléchis, plus doux parfois ou plus soucieux. Ils ressemblent à une musique où chaque arrêt pour profiter du paysage est un silence dans la musique. Un pas heurté par des cailloux un peu traitres sont comme une croche pointée au milieu des blanches qui pensaient ne pas changer de rythme. Et la musique devient belle, parce que changeante, et les mots s’amusent, vont voir le ciel, poursuivent les isards en points d’exclamation, s’attachent au vautour en interrogation, jouent avec les nuages en points de suspension… ceux là sont aimés, si souvent utilisés. Ils permettent aux mots de ne pas s’expliquer, de laisser la pensée poursuivre seule, sans trop se dévoiler….

 

Marcher seul permet aux mots de s’assoir, la pensée fuse et les pas oublient qu’ils peinent. Depuis le temps que je marche, combien de romans aurais-je pu écrire? mais les mots sont des oiseaux libres et joueurs. Alors…le roman ne sera jamais, mais les mots écrits ou non ne s’en soucient pas…qu’importe!! puisque de toute façon, ils vivent?!!!

 

Ils vivent? alors…JE vis!! Les mots ne seraient rien sans la pensée, qu’une caisse de résonnance vide, avec une musique dissonnante. La musique devient belle dès que la pensée se libère, suit la marche et vit par elle….

Alors…que mes pas ne s’arrêtent jamais! vifs ou lents, usés par le temps ou l’âge, ils continueront, jusqu’au dernier souffle, et ils parleront, jusqu’à ce que la pensée s’arrête!……….

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Un jour, sur un sentier de la vallée d’Aspe…

* cette phrase est tirée du livre: « Déneiger le ciel » de André Bucher aux éditions sabine Wespieser

44 Comments

  • patriarch dit :

    Très joli texte… Merci beaucoup !

    Belle journée avec bises et prends soin de toi.

  • celine dit :

    merci pour ce superbe texte, j’aime beaucoup. bises. celine

  • Marieluce dit :

    Tous ces mots représentent le cheminement d’une âme vers sa destinée …

  • marie-claude dit :

    Seule à marcher, qu’importe le décor, les mots s’inscrivent aux regards que nous portons …
    Il est vrai que des milliers de romans auraient pu s’écrire
    qui ne se gravent qu’au firmament de nos sensations …
    Mais nous les avons vécus, seul cela compte … et nos vies deviennent poésie …
    amitié .

  • @lain dit :

    Bonjour Mahina
    Je viens de voir que tu réécris sur les blogs. J’espère que tu vas bien.
    Prends soin de toi
    Gros bisous
    @lain

  • ABC dit :

    Les pas mariés avec les mots, avec les nuits aussi, avec les songes et soudain envolés, quand s’arrête la randonnée, quand se réveillent la pensée… Oh, comme je te rejoins !
    Puissent ces mots chantants continuez à nourrir les instants de plénitude !

    • mahina dit :

      tu ne me rejoints pas, tu es déjà loin devant: poète qui a publié déjà… Mes écrits restent simples et inconnus, cela me convient, sourire

  • Quichottine dit :

    J’aime quand tu les déposes ainsi… cheminer avec toi, un jour, en montagne, j’espère que je pourrai.

    Mais, promets-moi que si je m’arrête avant le sommet tu reviendras me chercher en descendant.

    Même si les mots t’ont emportée un peu plus loin…

    Un roman… je me demande ce que serait le tien si tous les mots que tu as rêvés venaient se poser sur ses pages.

    Je t’embrasse. Passe une douce soirée.

    • mahina dit :

      il serait fait de trop de mots tristes en comparaison des mots joyeux! Il vaut donc mieux le laisser là où il est… sourire…

      (tu as eu mon petit mot pour Paris?)

  • marine D dit :

    Une image qui me parle de tous les pas accomplis au cours des ans, et oui, quand on ne peux pas aller aussi loin et aussi haut qu’on le voudrait on le fait en imagination, on se remémore Mahina… C’est mon cas aussi, même si parfois c’est difficile de ne pas gravir ces pentes où on sait parfaitement que là-haut c’est plus que magnifique, c’est grandiose, et nous met dans un état second… Et mon amie le Taïga le ressentait avec moi lorsque je le faisais sur son dos quelquefois, comme sur le sentier des Contrebandiers au pays Basque…
    Je vais aller marcher un peu dans la colline avec Christian, et je prendrai ce petit bol d’automne dont je dois me contenter mais je ne me plains pas amie…
    Courage ! Bisous +++++!

    • mahina dit :

      Se remémorer…Oui, mais je n’ai pas encore la patience et je cherche le mot… je n’arrive pas à me contenter de mes souvenirs….

      Adichat Zipou

  • marine D dit :

    Je voulais dire cette image et tes mots, c’est important de le noter, je ne voulais pas les passer sous silence bien sûr Mahina, sinon pourquoi les écrirait-on ?

  • claude dit :

    Je t’ai suivi pas à pas , prenant bien soin de regarder mon chemin tout en dévorant tes mots . Le texte est poignant . Nous ne sommes jamais seuls lorsque notre imagination nous fait avancer .
    Bises de la Réunion

    • mahina dit :

      Je rêve de chaleur et de beauté « ilienne » Une de mes filles est à Fort de France pour 3 ans en « Antilles-Guyane ». Ici, la pluie et la grisaille nous plombent le moral!

      Adichat

  • souvienstoi dit :

    Dansons avec les mots
    Qui pansent nos maux
    Ces pas de poèsie
    Nous redonnent vie !
    Bisous!

    • mahina dit :

      les mots ne dansent pas

      les mots pleurent trop souvent

      le poète est parfois bien brumeux

      la vie n’est pas toujours bleue….

       

      Bisous Poète

  • bernard dit :

    On peut dire, sans se tromper, que tu n’écris pas comme un pied! Adiu.

  • sido dit :

    J’aime bien l’image du pas qui est mot. un pas devant l’autre pour avancer, un mot après l’autre pour progresser dans la pensée : cheminement, la clé du vivant.

  • Mathilde dit :

    La vallée d’ Aspe est ma préférée car elle est sauvagement magnifique..:-))
    Bises

  • danae dit :

    C’est un très beau texte Mahina. Souvent lorsque je marche, ma pensée s’évade loin et mes pas se font sans peine, je pense être partie comme en hypnose ! C’est bizarre. Je pourrais donc écrire un véritable roman !!! Merci et amitiés

  • marine D dit :

    La marche stimule ton imagination Mahina tu le dis bien et tu pars vers le ciel bleu et les montagnes blanches aujourd’hui, tes pensées suivent la ronde des oiseaux qui planent au dessus des sommets enneigés…
    Le soleil est revenu, hier la pluie a cessé, même si il fait plus froid c’est plus agréable… Donnes moi des nouvelles Mahina, je te souhaite en forme, Finalement ton texte n’est pas triste, on se fait une raison de ne plus courir comme un cabri, tu sais, et comme tu le dis, on rêve ou écrit d’une autre manière…
    Je t’embrasse
    Marine

    • mahina dit :

      hum… j’ai bien du mal à me faire une raison….

      Je te donnerai des nouvelles la semaine prochaine: vend, je vois le chir….

      Bisous à partager avec Christian

  • Quichottine dit :

    Oui, je l’ai eu…
    J’y serai, évidemment. 🙂

    T’embrasse très fort. Suis un peu débordée en ce moment.

    (J’ai coiffé mon bonnet de lutin de Noël, pour préparer les cadeaux de mes petites-filles… ça arriver vite. Nous le fêterons le 22 décembre.)

  • domi dit :

    j’aimerais que les mots soit aussi faciles pour moi de temps à autre, magnifique écrit j’aime beaucoup bisous et bonne fin de semaine

  • le.pèlerin dit :

    Oh oui, marcher, quel bonheur ! « Si marcher seul induit que chaque pas accompli ressemble un mot qu’on prononce…. », il est vrai que marcher en silence suscite un monologue intérieur dans lequel les mots prennent parfois de la densité. Les mots ne donneront pas nécessairement un roman ou un poème, ils nourriront des souvenirs, une rêverie, un désir, une décision… Ils portent la vie.
    Alors, marchons. Mais attention, si les mots sont trop tristes, il vaut mieux marcher avec d’autres que seul…

    • mahina dit :

      François, quel plaisir de te rtrouver dans mes chemins. Je suis allée faire un petit tour chez toi, y retournerais pour commenter un petit peu….

      Et hummm, oui, les mots tristes…peut-être qu’ils sont là justement quand on ne marche plus ou pas!!

  • alphomega dit :

    Marcher, c’est aussi « marcher dans sa tête » alors pas-à-pas ou mot-à-mot le chemin se déroule au fil d’Ariane de la pensée.

  • Quichottine dit :

    Il arrive que l’on ne marche plus seul… et ces moments sont magiques.

    Merci pour tes pas, Mahina. Je t’embrasse fort.

    • mahina dit :

      Déambuler dans les musées, ou marcher quelques pas avec les amis sont des moments magiques!

      merci à toi et Davy

  • De jolis mots sur la marche, c’est interessant comme chacun aborde cette liberté créatrice du coeur qui vient en marchant. peut être connais-tu Bruce Chatwin et son livre « Le Chant des pistes »?
    http://www.chroniques-nomades.net/pelemail/nomade/chatwin/chatwin.htm